I  Le phénomène de persistance rétinienne.I  Le phénomène de persistance rétinienne.

¤ Un « défaut » de l’œil .

Le phénomène de persistance rétinienne est facile à exploiter. En revanche, il est moins évident de le comprendre. Il repose sur certaines caractéristiques de l’œil. Pour résumer, la persistance rétinienne s’explique par :
- des réactions biochimiques intervenant au niveau de la rétine (qui ne sont pas instantanées).
- la durée de transmission de l’influx nerveux par le nerf optique au cerveau.
La persistance des images est de l’ordre du 1/10ème de seconde. A partir de ce constat, toute observation de succession d’images plus rapides est perçue comme une observation continue. (comme si les images se chevauchaient) Le cinéma applique directement cette méthode : En faisant défiler 24 images (cohérentes) en une seconde devant les yeux du spectateur, l’illusion du mouvement est créée. Il s’agit du même principe pour le dessin animé. Celui-ci utilisant une succession de dessins représentant un personnage, par exemple, évoluant dans un décor fixe. Pour être plus précis :
Le phénomène en détail s’explique de la manière suivante. Lorsque le cristallin projette une image sur la rétine, la transformation des pigments des cellules photo réceptrices (cônes et bâtonnets se traduit par un « potentiel  d’action » qui est transmis au cerveau. Pour être plus clair, lorsque une image arrive à l’œil, celui-ci le garde « en mémoire » pendant une très courte période et, lorsque l’image suivante arrive, le cerveau interprète un mouvement continu entre les deux images. Et ainsi de suite.

¤ Le pionnier de l’animation : Le praxinoscope et ses dérivés.

Pour la petite histoire, la persistance rétinienne a été l’objet de diverses applications dès 1820 avec les cahiers cinétiques. Puis avec le thaumatrope en 1826. On distinguera aussi le zootrope et le praxinoscope. Tous ces objets sont en fait des objets de manufacture simple, faisant appel à ce défaut de l’œil et représentant de courtes histoires animées.
Nous nous arrêterons sur l’exemple du praxinoscope, qui est sans doute le plus efficace de ces engins. Le praxinoscope fut la première invention brevetée d'Émile Reynaud en 1877. Il s'agissait d'un jouet optique donnant l'illusion du mouvement. Reynaud ajoute à l'intérieur du tambour, tournant sur le même axe, un cylindre à facettes sur lequel sont disposés 12 petits miroirs reflétant chacun un dessin. Un bougeoir sur la partie supérieure de l'axe agrémente l'objet. Avec le système des miroirs, le spectateur ne visionne qu'un dessin à la fois : celui reflété dans le miroir qu'il a en face de lui. Avec la rotation du tambour, les images se substituent les unes aux autres sans obturation, contrairement aux jouets optiques à fentes. Ce qui permet d'une part, une meilleure visibilité des dessins représentés et d'autre part, de visionner le mouvement à plusieurs. Ce jouet obtiendra une « mention honorable » à l'Exposition universelle de Paris de 1878 et aura un beau succès commercial. Il permit à son inventeur de continuer ses recherches. Comme en 1880, lorsqu'il met au point le praxinoscope à projection sur les bases du praxinoscope. L'inventeur a en effet ajouté une lanterne magique à sa précédente invention. Les saynètes sont donc projetées sur un écran et non plus sur un jeu de mirroir. Les personnages sont dessinés sur des plaques de verre, reliées en elles par des morceaux d'étoffe. Le nombre de poses est toujours de douze et n'a donc pas évolué par rapport au praxinoscope. Puis neuf ans plus tard Emile Reynaud améliore cet appareil qu'il nomme "théâtre optique". Cet appareil projete une bande régulièrement perforée, située sur une bobine, qui est déroulée progressivement par le projectionniste pour aller sur une seconde bobine. Sur cette bande, Reynaud peint les personnages autant de fois qu'il y a de poses . Le décor, dans lequel évoluent les personnages, est projeté par une seconde lanterne magique ce qui évité à Reynaud de le peindre à chaque fois.

théâtre optique